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Le Tour des vignobles

La Côte-Rôtie, des terrasses vertigineuses au-dessus du Rhône

La Côte-Rôtie, des terrasses vertigineuses au-dessus du Rhône

La Côte-Rôtie est l’appellation la plus septentrionale de la vallée du Rhône. Ses vignes couvrent des coteaux très raides au-dessus d’Ampuis, au sud de Vienne. Elle produit uniquement du rouge, à base de syrah, avec une petite part de viognier autorisée.

Un coteau qui brûle au soleil

Le nom dit tout : la côte « rôtie » par le soleil. Les pentes regardent le sud-est et dépassent souvent 50 % d’inclinaison. Les vignerons ont bâti des murets de pierre sèche pour retenir la terre. Sans eux, chaque orage emporterait le sol. Le sous-sol est fait de schistes et de gneiss, pauvres et drainants.

Côte brune, côte blonde

La tradition distingue deux coteaux. La côte brune, au sol plus sombre et ferreux, donnerait des vins plus fermes. La côte blonde, plus claire et plus légère, des vins plus souples. Beaucoup de vins assemblent les deux.

Syrah et viognier dans le même cuvier

Le rouge de Côte-Rôtie est fait de syrah. Le viognier, cépage blanc, peut entrer dans l’assemblage, jusqu’à 20 % selon le cahier des charges. Il est vinifié avec la syrah, pas ajouté après. Il apporte du parfum et fixe la couleur.

Un travail presque entièrement manuel

Sur ces pentes, aucune machine ne passe. Le vigneron taille, attache la vigne à des échalas en bois, laboure parfois au treuil. Aux vendanges, les caisses descendent à dos d’homme. Ce coût humain explique le petit nombre d’hectares et la rareté des vins. Les vignes sont souvent conduites sur échalas, en double ou en simple : un piquet par cep, planté dans la pente.

Une appellation sauvée de l’abandon

Au milieu du XXe siècle, la Côte-Rôtie a failli disparaître. Le travail sur les pentes était trop dur, les vins se vendaient mal, et beaucoup de terrasses ont été abandonnées aux broussailles. Quelques familles ont continué à cultiver. À partir des années 1970 et 1980, la notoriété des vins a remonté, et les terrasses ont été replantées. Une partie du coteau a été reconquise mur après mur.

Cette histoire explique l’attachement des vignerons à la pierre sèche. Restaurer un muret prend du temps et demande un savoir-faire transmis localement. Des chantiers de restauration sont organisés régulièrement.

Le viognier, voisin de Condrieu

Le viognier n’est pas seulement un complément de la Côte-Rôtie. Juste au sud, l’appellation Condrieu en fait des blancs réputés, sur des pentes comparables. Les deux vignobles se touchent et partagent les mêmes paysages. Un vigneron d’Ampuis travaille souvent aussi des parcelles à Condrieu.

Monter dans les coteaux d’Ampuis

Ampuis se trouve sur la rive droite, entre Vienne et Condrieu. La route départementale longe le fleuve au pied des coteaux. Pour voir le vignoble d’en haut, des sentiers montent entre les terrasses ; ils sont raides. Les domaines reçoivent en général sur rendez-vous, en dehors des vendanges. Plus au sud, la même rive porte Saint-Joseph, et l’autre rive Crozes-Hermitage. Toutes les étapes sont dans la rubrique vallée du Rhône.

Sources : cahier des charges de l’AOC Côte-Rôtie (INAO).

Paru le - Actualisé le

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