Le Côte de Brouilly est l’un des dix crus du Beaujolais. Il occupe les pentes du mont Brouilly, une colline isolée au sud du vignoble des crus. Le Brouilly, autre cru, s’étend autour, au pied de la colline. Les deux sont des rouges de gamay.
Les dix crus
Au nord du Beaujolais, dix crus portent un nom de commune ou de lieu : Brouilly, Côte de Brouilly, Chénas, Chiroubles, Fleurie, Juliénas, Morgon, Moulin-à-Vent, Régnié et Saint-Amour. Ils sont faits de gamay. Leur étiquette ne porte souvent pas le mot Beaujolais : le nom du cru suffit.
Le mont Brouilly
La colline culmine à un peu moins de 500 mètres. Une chapelle la couronne, but de pèlerinage. Ses pentes sont faites d’une roche volcanique ancienne, très dure, de couleur bleu-vert, appelée localement pierre bleue. Le Côte de Brouilly pousse sur ces pentes ; le Brouilly sur des sols plus variés, souvent granitiques, au pied.
Le gamay et sa vinification
Le gamay donne des vins fruités et frais. Dans le Beaujolais, il est souvent vinifié en grappes entières, sans égrappage, selon une méthode proche de la macération carbonique. Les crus peuvent aussi être vinifiés de manière plus classique. Certains se gardent plusieurs années.
Vendanges en grappes entières
La vigne est traditionnellement conduite en gobelet. Les vendanges manuelles en grappes entières sont la règle pour beaucoup de domaines, parce que la vinification demande des grappes intactes. Les pentes du mont Brouilly compliquent le travail.
Le Beaujolais au-delà des crus
Le vignoble du Beaujolais ne se limite pas aux crus. Au sud, les terres de pierres dorées, un calcaire ocre, produisent l’essentiel du beaujolais. Au centre et au nord, les beaujolais-villages occupent des sols granitiques. Les dix crus se trouvent tous au nord, sur les meilleurs coteaux de granite et de roches volcaniques anciennes. Le gamay est partout le cépage rouge, le chardonnay servant pour quelques blancs.
La chapelle du mont Brouilly
Au sommet de la colline, une chapelle a été construite au XIXe siècle, à la suite d’une épidémie d’oïdium qui ravageait les vignes. Les vignerons y montaient en procession. Elle reste un lieu de rassemblement annuel pour les vignerons du cru.
Du mont Brouilly à Saint-Amour : la frontière avec le Mâconnais
Les dix crus s’alignent du sud au nord, de Brouilly à Saint-Amour. Le dernier touche la Saône-et-Loire : sur certaines communes, le même vigneron récolte du gamay pour un cru du Beaujolais et du chardonnay pour une appellation du Mâconnais, comme Saint-Véran. Un peu plus au nord encore, les roches de Solutré annoncent le Pouilly-Fuissé.
| Cru | Repère de sol souvent cité |
|---|---|
| Côte de Brouilly | Roche volcanique ancienne, la pierre bleue |
| Brouilly | Granites et sols variés au pied de la colline |
| Morgon | Roche décomposée de la côte du Py |
| Moulin-à-Vent | Granite rose riche en manganèse |
| Fleurie | Granite rose sableux |
Ces repères de sol restent une simplification : chaque cru compte plusieurs climats, et les vignerons les vinifient parfois séparément pour montrer leurs écarts.
Monter au sommet du mont Brouilly
Une route monte au sommet du mont Brouilly, avec une vue sur le Beaujolais et la plaine de la Saône. Des sentiers parcourent les vignes. Les caves des villages reçoivent les visiteurs ; on goûte au crachoir. Au nord, le Mâconnais ; pour le reste, la rubrique Bourgogne et Beaujolais.
- Le beaujolais nouveau est-il un cru ?
- Non. Le beaujolais nouveau est un vin primeur, vendu très tôt. Les crus sont des vins de garde plus ou moins longue, vendus plus tard.
- Brouilly et Côte de Brouilly, quelle différence ?
- Le Côte de Brouilly pousse sur les pentes de la colline, sur la pierre bleue. Le Brouilly s’étend autour, sur une aire plus vaste et plus variée.
Sources : cahiers des charges des AOC Brouilly et Côte de Brouilly (INAO), interprofession des vins du Beaujolais.
